Le terrain ne s'arrête pas quand je rentre chez moi ....
On dit souvent : “Ce qui ne te tue pas te rend plus fort.”
Franchement ?
Non.
Le terrain m’a rendu vigilant. Trop vigilant.
Même quand je ne suis plus en service. Je marche en ville et je repère les sorties. Je regarde les mains. Toujours les mains. Je scanne les comportements. Je calcule les distances. Tout pourrait devenir une escalade, une attaque.
Même avec mes enfants. Je sais que je devrais me détendre. Seulement mon corps, lui, ne coupe pas.
Ce n’est pas du stress. C’est un état permanent.
Pourtant, j’ai pris une douche chaude. Je me balade en forêt. Je fais des week-end off.
Et ce que je ressens au fond de moi revient toujours. C’est plus profond que ça. C’est mon système nerveux qui refuse de redescendre.
Mon ventre reste contracté. Ma mâchoire serrée. Mes oreilles analysent chaque bruit. Même la nuit, je dors et je ne récupère pas.
Ce qui est inquiétant, c’est que ça me paraît normal
Le plus étrange dans tout ça? C’est que je ne me sens pas spécialement stressé. Je ne suis pas en panique. Je ne suis pas “à bout”. Je suis… comme d’habitude.
Cette tension dans le ventre ? Normale. Les épaules dures comme du bois ? Normal. Analyser chaque mouvement autour de moi ? Normal. Dormir sans vraiment dormir ? Normal.
Je pensais que c’était ça, être au repos.
Pourtant en réalité, mon corps ne s’est jamais vraiment posé. Il s’est juste habitué à fonctionner en alerte basse constante. Une alerte silencieuse. Presque confortable. Parce qu’elle me donne l’impression de maîtriser. D’anticiper. D’être prêt. Et c’est ça le piège.
Quand l’hypervigilance devient ton état de base, tu oublies ce que ça fait d’être réellement détendu.
Un ventre souple.
Une mâchoire relâchée.
Des épaules basses.
Un regard qui ne scanne pas en permanence.
Tu crois être au repos. Alors que ton système nerveux, lui, est encore sur le terrain
Le plus dur ? Lâcher le rôle de l'adjudant à la maison
Quand je quitte l’uniforme, je suis censé redevenir “normal”. Profiter. Rire. Me reposer.
Pourtant lâcher l’hypervigilance, c’est accepter d’être vulnérable. Accepter que si quelque chose arrive,
je ne pourrai pas intervenir. Juste appeler les collègues. Et ça, c’est violent intérieurement.
Parce que sur le terrain, j’ai un rôle. Hors service, je redeviens un citoyen parmi d’autres. Un père classique, un mari, je ne peux pas me cacher derrière une capacité, une hiérarchie.
Et quelque part… ça me donne presque l’impression d’être inutile. De ne pas savoir quel rôle jouer.
Le corps finit toujours par parler
Je tombe malade dès que je me pose. Toujours une douleur quelque part: le dos, les épaules, les cervicales.
Je m’énerve plus vite. Je contrôle tout. Je veux tout savoir.
Je ne suis pas “cassé”, je le sais, je suis resté en alerte trop longtemps. Mon corps c’est épuisé à se rassurer.
Ce n’est pas une faiblesse car c'est la force que je dois avoir sur le terrain.
Seulement une fois en dehors du terrain, personne ne m’a appris à redescendre. On m’a dit c’est normal, serre les dents.
On nous apprend à intervenir. À encaisser. À tenir. Mais personne ne nous apprend à couper.
L’hypervigilance, c’est un outil dans notre métier. Et nous avons oublié de nous dire que ce n’était pas un état de vie permanent.
Comme si chaque blessure, chaque intervention difficile était une médaille à porter aussi à la maison quand je suis en jogging pantoufle.
La bonne nouvelle c’est qu’elle peut se réguler.
Avec un vrai plan. Pas des conseils génériques. Un protocole pensé pour quelqu’un qui vit le terrain. (et voici ce que je ferais)
💁🏻♀️ Je suis Maureen, thérapeute et psychopraticienne formée à la sophrologie.
💪🏻 J’accompagne les militaires, gendarmes, policiers, pompiers, soignants… ainsi que leurs familles, à retrouver une forme de paix intérieure, en mission comme à la maison.
Parce que comprendre, c’est déjà apaiser.
Si tu te sens concerné par cet article, je t’ai mis un lien pour prendre rendez-vous avec moi.